Sainte-Catherine : que raconte vraiment le dicton « Tout bois prend racine » ?

Petit arbre fraîchement planté dans un paysage de fin d’automne pour illustrer le dicton « À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine ».

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Le 25 novembre, le calendrier signale la Sainte-Catherine. Pendant longtemps, cette date n’était pas seulement un repère pour fêter les « Catherine », mais aussi un jalon important de l’année pour les jardiniers et les agriculteurs. Et bien sûr, c’est aussi l’occasion de souhaiter une bonne fête à toutes les petites filles qui portent ce joli prénom.

On connaît surtout le dicton :

« À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine. »

Que veut-il dire exactement ? Et est-il encore vrai aujourd’hui, à l’heure du changement climatique et des saisons qui semblent parfois « déréglées » ?

Mieux comprendre le dicton

Dans ce dicton, le mot « bois » ne parle pas du bois de chauffage, mais des arbres et arbustes que l’on plante : fruitiers, rosiers, haies, etc.

« Prendre racine », c’est tout simplement bien s’installer dans le sol :

  • développer de petites racines ;
  • se stabiliser ;
  • être prêt à repartir au printemps.

Le dicton conseille donc :

« Plante tes arbres autour de la Sainte-Catherine, ils auront plus de chances de bien s’enraciner. »

Pourquoi planter à la fin de l’automne ?

Traditionnellement, on plante les arbres et arbustes en automne, pour plusieurs raisons liées à la météo, au sol et au cycle de l’eau :

  • la terre est encore relativement douce : elle a gardé une partie de la chaleur de l’été, ce qui aide les racines à se développer ;
  • les pluies d’automne humidifient le sol progressivement. L’eau tombe, s’infiltre, circule dans le sol : c’est une petite partie du grand cycle de l’eau, qui va des nuages à la pluie, puis des sols aux rivières et de nouveau à l’atmosphère ;
  • les arbres sont souvent au repos : ils perdent leurs feuilles, leur énergie se concentre davantage dans les racines que dans les branches.

Résultat : même si, en surface, la nature semble « endormie », sous terre les racines continuent tranquillement leur travail. Quand le printemps arrive, l’arbre est déjà mieux installé et démarre plus vite.

Coupe d’un jeune arbre montrant ses racines qui se développent dans un sol humide en fin d’automne.
En automne, la terre reste assez douce et humide pour que les racines s’installent tranquillement avant l’hiver.

Fin novembre : une période charnière

La Sainte-Catherine tombe à un moment particulier de l’année :

  • les jours ont déjà bien raccourci ;
  • les premières gelées sont possibles ;
  • beaucoup d’arbres ont perdu leurs feuilles ;
  • on se rapproche de l’hiver, mais on n’y est pas encore tout à fait.

C’est une sorte de frontière symbolique : après cette date, le froid peut s’installer plus franchement, selon les années et les régions. Certains automnes se terminent dans une douceur étonnante, d’autres basculent rapidement vers une vague de froid.

Ces différences d’une année sur l’autre rappellent qu’il existe une vraie différence entre météo et climat :

  • la météo décrit le temps qu’il fait autour de la Sainte-Catherine cette année (froid, douceur, pluie, vent…) ;
  • le climat décrit la façon dont, en moyenne, se déroulent les fins d’automne sur plusieurs dizaines d’années.

Dans la réalité, on ne plante pas tout le jour même de la Sainte-Catherine, bien sûr. La période utile s’étend en général de l’automne jusqu’au début de l’hiver, quand le sol n’est pas gelé.

Est-ce que le dicton est encore valable aujourd’hui ?

Avec le changement climatique, les saisons ont tendance à se modifier un peu :

  • certains automnes sont plus doux et plus longs ;
  • les gelées arrivent parfois plus tard ;
  • la météo varie beaucoup d’une année à l’autre.

Pour beaucoup de grands-parents, la Sainte-Catherine rappelait des automnes déjà bien froids, avec des gelées plus fréquentes. Aujourd’hui, dans certaines régions, on constate plus souvent des fins d’automne très douces, ou des gelées qui se font attendre. Ces décalages ne sont pas juste des « années bizarres » : mis bout à bout, ils font partie des signes que le climat de la Terre est en train de changer.

Est-ce que cela rend le dicton complètement faux ? Pas vraiment.

On pourrait plutôt dire que :

  • l’idée générale reste valable : l’automne est une bonne saison pour planter arbres et arbustes ;
  • les dates exactes peuvent se décaler légèrement : certains jardiniers plantent plus tôt, d’autres un peu plus tard, en fonction de la météo locale.

Aujourd’hui, on se fie donc à la fois :

  • au calendrier traditionnel (comme le 25 novembre) ;
  • et à la météo réelle de l’année en cours (températures, gelées, humidité du sol),

tout en sachant que, sur le long terme, le climat évolue sous l’effet du changement climatique.

Deux paysages de fin d’automne, l’un froid et gelé, l’autre doux, pour illustrer l’évolution du climat.
D’une année à l’autre, la fin de l’automne peut être très froide ou étonnamment douce : la météo change, et le climat évolue.

Les dictons météo : mémoire des saisons d’autrefois

Le dicton de la Sainte-Catherine n’est pas le seul du calendrier. On trouve par exemple :

  • « Noël au balcon, Pâques au tison » ;
  • ou d’autres phrases qui parlent de pluie, de vent, de gel, à des dates précises.

Ces phrases ne sont pas des lois scientifiques, mais des repères de mémoire. Elles reflètent ce que les générations précédentes observaient dans leur région, à une époque où l’on vivait beaucoup dehors, au rythme des saisons, avec le regard tourné vers le ciel, les nuages et la pluie.

Aujourd’hui, elles gardent un côté poétique et amusant. Elles peuvent aussi servir de point de départ pour discuter :

  • de la météo d’une année sur l’autre ;
  • de la façon dont le climat évolue sur le long terme ;
  • du rôle de la pluie et du cycle de l’eau pour les plantes, les sols et les jardins.

Observer la nature autour de la Sainte-Catherine

La période de la Sainte-Catherine peut être l’occasion de regarder autour de soi :

  • Quels arbres ont encore des feuilles ?
  • Quels jardins sont déjà au repos, lesquels sont encore verts ?
  • Observe-t-on de la rosée ou du givre le matin ?
  • Le sol est-il sec, humide, boueux, gelé ?
  • Voit-on des flaques qui s’évaporent après la pluie, des nuages qui se forment, des brouillards matinaux liés au refroidissement de l’air et à l’humidité ?

Ces petites observations aident à sentir que, même si le dicton reste dans les mémoires, chaque année est différente. Elles permettent aussi de faire le lien, en douceur, avec des questions plus larges : météo d’un jour, climat sur des décennies, et changement climatique qui modifie peu à peu nos repères saisonniers.

En résumé

La Sainte-Catherine est une date qui mélange traditions, jardinage et observation des saisons. Le fameux dicton « À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine » rappelle qu’à la fin de l’automne, le sol est encore assez favorable pour planter arbres et arbustes, avant que le froid ne s’installe vraiment.

Mais derrière ce dicton que l’on répète chaque année, une question plus large apparaît :

est-ce que ces repères saisonniers resteront les mêmes pour les enfants d’aujourd’hui lorsqu’ils seront adultes ?

En parler avec eux, observer la nature, comparer ce que racontent les anciens et ce que montrent les données climatiques, c’est déjà une façon de mieux comprendre ce qui se joue… et de réfléchir ensemble au monde dans lequel ils grandiront.

Et au passage, n’oublions pas de souhaiter une joyeuse fête de Sainte-Catherine à toutes les petites filles qui portent ce prénom !