La Convention citoyenne sur les temps de l’enfant vient de rendre ses propositions. 130 citoyens tirés au sort ont travaillé pendant plusieurs mois pour répondre à une question simple en apparence : comment organiser les journées, les semaines et les vacances des enfants pour mieux respecter leurs besoins ?
Parmi les idées phares :
- retour à 5 jours d’école par semaine dès l’élémentaire ;
- alternance 7 semaines de classe / 2 semaines de vacances avec 2 zones au lieu de 3 ;
- journées repensées avec cours « cognitifs » le matin et temps de projets, de sport ou de vie quotidienne l’après-midi ;
- devoirs faits à l’école ;
- limitation du temps de transport ;
- éducation au numérique, interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans, interdiction de la publicité destinée aux enfants sur les écrans.
Sur le papier, l’ensemble dessine une vraie « vision » du temps de l’enfant. Mais plusieurs questions se posent immédiatement.
Changer les horaires sans changer le reste ?
L’histoire récente des rythmes scolaires le rappelle : en quinze ans, l’école primaire est passée de 4,5 jours à 4 jours, puis à 4,5, puis à nouveau majoritairement à 4 jours.
À chaque fois, on a beaucoup bougé les cases de l’emploi du temps… sans forcément transformer en profondeur :
- les méthodes pédagogiques ;
- les programmes ;
- les effectifs par classe ;
- les conditions de travail des enseignants et des personnels périscolaires.
La Convention citoyenne propose un nouveau découpage du temps (jours, semaines, vacances), mais une question reste ouverte :
peut-on vraiment améliorer le quotidien des enfants en ne jouant que sur l’horloge, sans repenser les moyens, les programmes et les pratiques pédagogiques ?

Une réforme ambitieuse… mais à quelles conditions ?
Les citoyens ont pris au sérieux la parole des enfants et des ados, et leurs propositions sont loin d’être « timides » : elles touchent à l’école, aux activités, au numérique, au temps en famille.
Mais pour passer d’un beau texte à la réalité, il faudra répondre à des questions très concrètes :
- Qui encadre les temps de projets, les devoirs à l’école, les activités l’après-midi ?
- Quels locaux, quels équipements, quels transports, surtout dans les petites communes ?
- Qui finance une telle réorganisation : État, communes, familles ? Comment éviter que certains territoires aient une offre riche et d’autres presque rien ?
Pour l’instant, on est surtout au stade des « il faudrait » : une vision globale, des pistes intéressantes, mais pas encore une étude de faisabilité détaillée ni un plan budgétaire précis. Comme pour la Convention citoyenne pour le climat, tout dépendra de ce que le gouvernement et le Parlement décideront réellement d’en faire.
Et maintenant ?
Cette Convention a au moins un mérite : remettre les besoins réels des enfants au centre de la discussion.
Elle ouvre aussi un débat plus large, que nous pourrons explorer dans de futurs articles :
- qu’est-ce qu’une journée d’école « vivable » pour un enfant ?
- comment faire coïncider rythmes scolaires et rythmes de travail des parents ?
- et surtout, comment ne pas se contenter de bouger les horaires, sans donner à l’école les moyens humains, matériels et pédagogiques d’accompagner vraiment les élèves ?
Autant de questions qui méritent plus qu’un simple changement de calendrier… et qui pourront faire l’objet d’un article de fond dans la rubrique Éducation & pédagogie ou Dossiers.

